Maroc Numeric 2013 : Le gouvernement a encore des ambitions
* Une nouvelle configuration de pilotage pour le plan «Maroc 2013» dope le moral des opérateurs des NTIC.
* Des aides financières directes sont déjà accordées pour permettre à ce projet de se doter d’une existence concrète.
* D’importants retards sont toujours accusés en matière de formation des ressources humaines.
“On viendra chaque année pour faire le bilan de Maroc 2013», avait déclaré d’emblée Ahmed Reda Chami en présentant le plan du gouvernement. Le ministre du Commerce, de l’Industrie et des NT, a admis que «le secteur connaît une situation contrastée en n’exploitant pas tous les atouts qui existent». Le Maroc subit encore une fracture numérique qui le place aujourd’hui en bas du classement annuel pour les progrès réalisés dans le secteur. «L’ambition est de passer d’un taux de pénétration d’Internet de 10% à plus de 30% à travers la baisse des prix», a révélé A. Reda Chami en citant l’une des mesures urgentes à prendre pour encourager les ménages à se connecter.
La généralisation progressive du matériel informatique au sein des écoles publiques est toujours citée comme expérience réussie et surtout comme outil de percée du plan gouvernemental. Concrètement, le département de A. Reda Chami compte mettre en œuvre «18 incitatives qui sont déclinées en 53 mesures. Nous avons vraiment de la matière et il y a beaucoup de travail à faire», a annoncé le ministre.
Ce qui compte surtout n’est autre que le Programme «INJAZ». «C’est un 2ème programme qui nous tient vraiment à c?œur, a constaté le ministre des NT. Nous voulons atteindre le chiffre de 10.000 ingénieurs en 2010». Tous les élèves de ces filières ont en effet bénéficié d’une réduction de 80%, soit 8.000 élèves qui ont pu obtenir une connexion et un équipement informatique pour 640 DH.
D’ici 2013, 80.000 bénéficiaires sont en ligne de mire du plan Maroc 2013 avec, comme projet, la création «de centres d’accès communautaires qui seront au nombre de 400 au total». «Il s’agit d’abord de la mise en place de 100 centres et de maisons de jeunes dans les zones reculées», a expliqué Ahmed Reda Chami. Avec ces centres, le gouvernement compte mieux pénétrer les zones rurales enclavées qui ont de réelles difficultés à se raccorder au réseau national. «Pourquoi sommes-nous plus confiants maintenant» ? s’est interrogé le ministre. «Une bonne part de cette confiance, a-t-il expliqué, provient de la nouvelle configuration de pilotage de ce plan». Dernièrement, un accord a été trouvé entre les divers départements ministériels pour réaliser 89 services électroniques administratifs, «y compris les services spécifiques, à précisé A. Chami, ainsi que les services orientés vers les entreprises qui sont concernées par l’urgence de ce plan».
Il faut ajouter que l’offshoring des NT est «un îlot d’excellence» au yeux du responsable marocain. Ce dernier a assuré que «la Centrale d’Achat des Administrations destinée à leur permettre d’acheter de manière transparente, est également parmi les priorités».
Mais les services orientés vers les citoyens restent cependant rudimentaires. A part les services relatifs à l’état-civil et les inscriptions scolaires, la priorité semble être accordée aux PME. «L’approche adoptée sera pragmatique, a précisé le ministre du Commerce, car nous aurons à nous concentrer sur les PME qui ont un fort impact sur le PIB national». Les secteurs cités sont au nombre de 3 : le textile et cuir,
l’automobile et l’agroalimentaire. 400.000 DH seront alloués à chaque PME qui désire s’équiper. «Des pressions» pourront être exercées en décrétant par exemple la non-acceptation des factures sauf celles qui ont le format électronique. Cette mesure est destinée à obliger les PME à recourir à la rénovation de leurs modes de travail et à accompagner le plan Maroc 2013.
Le Fonds destiné à accompagner le plan sera, pour sa part, doté de 50 millions de DH, dès janvier 2010, et sera financé par 3 banques ainsi que la CDG.
Y. B. y.bennajah@financenews.ma