Français | English| العربية
Accueil Présentation du site Feuilles de route Catalogue des projets eParticipation Contactez nous
 
 
Lancer la recherche
 
 
Ignorer les liens de navigationE-Gouvernement > Revue de presse > The Digital Morocco tomorrow Agrandir Réduire
 
 
Samir BELFKIH Professeur à l'Université sciences et techniques de Fès.

La société du savoir se définit comme une continuité de la société de l’information. Elle représente une devise primordiale pour le développement du Maroc. Par défi­nition, dans une société du savoir, les nouvelles technologies de l’information TI jouent un rôle central et déterminant. La modernisation d’une entreprise doit absolument passer par l’informatisation de ses différents secteurs et notamment ceux liés à la production.

La mise en place d’un système d’information (ERP) au sein d’une entreprise permet facilement de savoir qui fait quoi, com­ment et quand. Il est très évident que chaque activité de nos jours fondée sur les TI connaît inévitablement une hausse d’ac­tivité, une baisse du temps et du coût de production, une réduc­tion du risque, une bonne prise de décision intelligemment cen­tralisée, meilleur usage des ressources et finalement, sans doute une meilleure productivité. Cela aura un impact socio-économique imminent tout particulièrement en matière de création d’emplois et de développement humain et sans doute sur la création par la suite de la richesse qui demeure une équa­tion politique très compliquée à résoudre. En vue de l’émergen­ce de la société du savoir, le Maroc a lancé dernièrement sa stratégie nationale pour la société de l’information et de l’éco­nomie numérique : Maroc Numérique 2013. Les objectifs à atteindre du MN13 vu comme vecteur du développement humain sont clairs et chiffrés : 26000 emplois à créer ; 27 Msd MAD comme valeur additionnelle directement et indirectement au PIB contrairement à 34$/habitant aujourd’hui(1,3du PIB) ; 1 foyer sur 3 sera équipé d’Internet contrairement à 1 sur 10 aujourd’hui ; 100% des ingénieurs et assimilés seront équipés d’ordinateurs portables (Injaz), 100% des établissements d’édu­cation publics seront équipés en TI et 89 services publics orien­tés usagers seront numériques(e-gouv), sans oublier le soutien pour l’informatisation des PME (Moussanada) et le développe­ment de l’industrie IT. Pour atteindre ces différents objectifs, le Maroc a mis les moyens : 5,2 Mds de DH.

Il est évident que si les objectifs du MN13 sont atteints, une transformation sociale serait au rendez-vous. En effet, la bana­lisation de l’utilisation d’Internet impliquera un effet contagieux qui entraînera certainement la facilité d’échange et l’accès à l’in­formation et à la connaissance. Cela aura un effet très positif et direct d’une part sur les jeunes d’aujourd’hui qui feront le Maroc de demain, et d’autre part sur les investissements étran­gers au Maroc et tout particulièrement autour des activités Offs­hore.

Cependant, malgré les incitations financières et fiscales allouées dans ce cadre, la partie ne semble pas être gagnée d’avance. Convaincre les investisseurs étrangers à s’installer et produire au Maroc, puis les maintenir à y rester est un défit qui doit être porté collectivement par tous les Marocains. En effet, plusieurs contraintes freinent considérablement la concrétisa­tion de la stratégie nationale pour la société de l’information.

Tout d’abord, Le Maroc ne dispose pas d’infrastructure réseaux capable de répondre aux applications du MN13. Il est évident que les quatre infrastructures indispensables au pays qui assu­reront son développement et sa compétitivité sont : l’eau, l’éner­gie (électricité), le transport, les réseaux (BroadBand).

Or, nous constatons le manque du volet réseaux dans le MN13. La qualité du BroadBant se traduit par un débit supérieur à 2M/S et un BQS(BroadBand Quality Score) supérieur à 30.

D’après ce dernier critère, le Maroc se trouve en 59ème posi­tion et dépasse certains pays relativement comparables en ter­me économique et social. Si nous excluons les grandes villes marocaines notamment Casablanca et Rabat, Ce score devient très faible et la position du Maroc chute, cela se traduit par le fait qu’il y a beaucoup de travail à faire au niveau d’infrastruc­ture réseaux dans les petites villes ainsi que dans le monde rural.

A titre d’exemple, le transfert de données très volumineuses sur les réseaux marocains notamment les images et la vidéo dans le cadre de la Télaradiologie est presque impossible avec l’état actuel des réseaux.

Le prix de connexion Internet reste très élevé au Maroc vu le faible pouvoir d’achat des ménages marocains ainsi que le taux de chômage qui avoisine les 10%.

La France qui se trouvait il y a 13ans dans la même situation numérique que le Maroc d’aujourd’hui a relevé le défi numérique : d’une part, en baissant le coût d’accès à Internet et d’autre part, en continuant à jouer son rôle classique dans la concurrence internationale ce qui a permis de « booster » les TI. Comme ce défi doit être porté par l’ensemble des Marocains, les providers doivent nécessairement baisser le coût d’accès à Inter­net. En revanche, le prix du matériel, des logiciels et la mainte­nance autour des IT restent souvent élevés. Par conséquent, l’accroissement rapide de la facture numérique semble inévita­ble et l’accès universel aux TI au Maroc parait délicat.

En effet, en matière d’acquisition et d’ouverture au NTIC, le Maroc a été classé le 30 mars 2006 au Forum économique mon­dial à la 77e position bien derrière la Tunisie, la Jordanie, le Qatar, le Kuwait, l’Egypte.... Malheureusement, il a perdu plu­sieurs points dans ce classement ces dernières années.

Enfin, le déficit de l’université marocaine en matière de RH aussi bien sur le plan quantitatif que sur le plan qualitatif, risque de faire planer le doute sur les ambitions du Maroc d’être pré­sent dans l’échiquier économique mondial de demain. En effet, plusieurs rapports nationaux et internationaux ont tiré la son­nette d’alarme sur l’état actuel de l’enseignement supérieur au Maroc. Nous ne pouvons pas négliger aussi le problème de l’analphabétisme au Maroc.

En effet, malgré qu’Il espère faire baisser son taux en dessous de 20% d'ici 2010, via de nombreux programmes et à l’éradi­quer complètement en 2015, ce taux reste malheureusement très élevé avec 40% d’illettrés dont 55% dans le monde rural.

L’émergence de la société du savoir au Maroc est un défi qui doit être porté collectivement par l’ensemble des Marocains car il contribuera inévitablement à la concrétisation de notre grand projet démocratique et moderniste.

 

16/03/2010 
 
 
 
Maroc.ma | Primature | Service-public.ma Aide | F.A.Q. | Accessibilité | Plan du site | Mentions légales | Contactez nous