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| Belles réussites à l'actif du programme e-gouvernement en 2010. Et à partir de 2011, la création des entreprises en ligne sera possible. | Le bilan de la première année de la mise en œuvre du programme e-gouvernement est encourageant, mais des efforts restent à faire pour atteindre les objectifs du plan Maroc Numéric 2013. C'est ce qui ressort de la séance d'ouverture du Moroccan e-Gouvernement Forum (MGF) tenu hier jeudi 16 décembre à Rabat. Si le ministre de l'Industrie, du commerce et des nouvelles technologies, Ahmed Reda Chami, s'est dit fier de ce qui a été réalisé jusque-là, son homologue, chargé de la Modernisation des secteurs publics, Mohamed Saâd Alami, s'est montré moins enthousiaste en mettant l'accent sur les insuffisances des administrations marocaines en matière d'utilisation des TIC.
Doté d'un budget de l'ordre de 2,2 milliards de DH, le programme e-gouvernement est l'une des priorités stratégiques du Plan Maroc Numeric lancé en octobre 2010 sous la présidence effective de S.M. le Roi Mohammed VI. Ce programme consiste à mettre en ligne 89 services publics électroniques. Le but est de rapprocher l'administration de l'administré, en renforçant l'efficacité, la qualité et la transparence des transactions. A ce jour, des avancées « significatives » ont été réalisées, mais force est de reconnaître que les TIC n'ont pas vraiment bouleversé les rapports de l'administration avec les usagers. En tout cas, dans certains domaines, les progrès sont indéniables. M. Chami n'a pas manqué d'en citer quelques-uns comme le passeport biométrique ou le payement des taxes en ligne... En effet, grâce au programme e-gouvernement, les citoyens peuvent s'acquitter des taxes locales (taxes d'habitation, taxe des services communaux et taxe professionnelle) sans avoir à se déplacer.
Au cours de la dernière période fiscale, on compte 4 500 règlements électroniques. Autres réussites à mettre à l'actif de ce programme : le service de suivi des remboursements des dossiers de maladie de la CNOPS qui compte 1 170 000 assurés, soit plus de 3 millions de bénéficiaires. Les services liés à la retraite comptent 52 000 attestations délivrées et 345 000 réclamations traitées en ligne par la CMR ( en plus de 98 000 retraités et 190 000 affiliés gérés en ligne par les traités depuis 2009). Le programme e-gouvernement ne profite pas qu'aux citoyens, les entreprises y ont trouvé leur compte. L'exemple de la douane est très éloquent à cet égard. Dans ce domaine, les entreprises profitent pleinement de l'informatisation de l'administration.
A travers des projets tels que le système B@DR, elles peuvent réaliser leurs déclarations douanières. 6500 douaniers et déclarants en sont déjà utilisateurs. Du côté de la CIMR, on avance, non sans fierté que 95% des entreprises adhérentes déclarent en ligne leurs cotisations. Le service DAMANCOM lui, permet de déclarer et de payer en ligne les cotisations sociales de 24 500 entreprises et de gérer des cotisations de 1 098 000 salariés. L'année 2011 s'annonce sous de bons auspices, à partir du premier semestre, les entreprises pourront répondre en ligne aux appels d'offres publics, grâce à la mise en place d'une plateforme de consultation et de soumission électroniques aux appels d'offres publics.
La création d'entreprise en ligne sera possible quant à elle à partir du second semestre. Plus qu'un programme gouvernemental, l'e-gouvernement s'apparente donc à un changement radical dans le mode gouvernance. C'est le passage, comme l'a souligné M.Chami, d'une administration qui exerce ses prérogatives à une administration au service des citoyens, et qui favorise l'épanouissement de l'entreprise. Le programme est bien parti, mais n'est-il pas trop tôt pour crier victoire ? Là, le ministre de l'Industrie, du commerce et des nouvelles technologies reste lucide.
« Nous ne pouvons pas dire que nous avons réussi tant que nous n'aurons pas mis en place les 89 services en ligne à l'horizon 2013 ». Plus encore, la vraie réussite, selon lui, c'est quand les citoyens et les entreprises se seront appropriés ces services et commenceront à les consommer réellement. Ce jour-là, le poids du papier ne sera qu'un lointain souvenir ! ».
Maroc Numeric
Doté d'un budget de 5,2 milliards de DH, Maroc Numeric s'articule autour de quatre priorités stratégiques. Première priorité, la transformation sociale, c'est dire rendre accessible aux citoyens l'Internet Haut Débit et favoriser l'accès aux échanges et à la connaissance. Le Maroc vise à l'horizon 2013 à équiper l'intégralité des établissements scolaires publics (20% actuellement) et à équiper 1/3 des foyers (1/10 actuellement) en TIC.
Deuxième priorité, la mise en œuvre des services publics. Le but est de rapprocher l'administration des besoins de l'usager en termes d'efficacité, de qualité et de transparence à travers un ambitieux programme e-gouvernement. L'objectif est de passer de 16 à 89 services publics électroniques.
Troisième priorité, l'informatisation des Petites et Moyennes Entreprises pour accroître leur productivité. Quatrième et dernière priorité, le développement de la filière locale Tl en soutenant la création et la croissance des acteurs locaux ainsi qu'en favorisant l'émergence de pôles d'excellence à fort potentiel à l'export.
| Services publics
Maroc Numeric est doté d'un budget de 5,2 milliards de DH
Le e-gouvernement, dont il est un des principaux axes, est doté de 2,2 MMDH
Il s'agit de rapprocher l'administration des administrés et de réduire les coûts Une trentaine de services publics sont déjà en ligne (sur 89).
Par Abdelwahed Rmiche |
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